August 17, 2004
grains de poussière
"J'étais jeune, affamé, ivrogne, essayant d'être un écrivain. J'ai passé le plus clair de mon temps à lire Downtown à la bibliothéque municipale de Los Angeles et rien de ce que je lisais n'avait de rapport avec moi ou avec les rues ou les gens autour de moi. C'était comme si tout le monde jouait aux charades et que ceux qui n'avaient rien à dire étaient reconnus comme de grands écrivains. Leurs écrits étaient un mélange de subtilité, d'adresse et de convenance, qui étaient lus, enseignés, digérés et transmis. C'était une machination, une habile et prudente "culture mondiale". Il fallait retourner aux écrivains russes d'avant la Révolution pour trouver un peu de hasard, un peu de passion. Il y avait quelques exceptions, mais si peu que les lire était vite fait et vous laissait affamé devant des rangées de livres ennuyeux. Avec le charme des siècles à redécouvrir, les modernes n'étaient pas trés bons. Je tirais livre après livre des étagères. Pourquoi est-ce que personne ne disait rien? Pourquoi est-ce que personne ne criait?" (...)
Charles Bukowski, 5 juin 1979, en préface d'un livre de John Fante.
A dire vrai, je n'ai jamais réussi à lire un livre de Charles Bukowski en entier. Mais ces quelques lignes résument exactement ce que j'ai toujours pensé de la littérature française et de ses "monstres" que l'on nous force à lire à l'école. Heureusement qu'en sortant des sentiers battus j'ai trouvé pleins d'écrivains de génie, qui eux, avaient des choses à dire!
bonne journée,
noémie.
Posted by noemie