La colonisation chinoise sur les rails au Tibet

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"Une voie ferr�e relie d�sormais Golmud, dans la province chinoise du Qinghai, � Lhassa. Les Tib�tains redoutent l'arriv�e massive de �colons�.

par Pierre HASKI
QUOTIDIEN : mardi 25 octobre 2005
P�kin de notre correspondant

Les derniers rails ont �t� pos�s le 15 octobre, mettant fin � l'un des chantiers les plus os�s au monde. Le chemin de fer reliant, sur 1 142 km, Golmud, dans la r�gion chinoise du Qinghai, � Lhassa, capitale de la �r�gion autonome du Tibet�, va d�sormais subir une longue p�riode de tests et d'installation de la signalisation avant d'entrer en service, l'an prochain ; mais le pari chinois est d'ores et d�j� gagn�.

Il y a, d'un c�t�, la prouesse technique, aux dimensions pharaoniques, qu'a constitu�e la construction d'une voie ferr�e dans une des r�gions les plus difficiles du globe, de quoi entrer dans la l�gende au c�t� des pionniers qui ont ouvert la premi�re route du Tibet, dans les ann�es 50 ; de l'autre, la dimension politique d'une voie de communication avec le �Toit du monde� qui risque d'acc�l�rer l'int�gration de la r�gion tib�taine � l'ensemble chinois, et en particulier, redoutent � non sans raison � les Tib�tains, l'arriv�e massive de �colons� chinois de l'ethnie dominante Han.

Aucun t�moin. Nul ne pourra d�crire ce chantier, comme l'ont fait au d�but du XXe si�cle le journaliste Albert Londres ou l'�crivain Andr� Gide pour la construction du chemin de fer Congo-Oc�an, en Afrique centrale fran�aise, qui aurait co�t� �un homme par traverse�. Pas un journaliste �tranger n'a �t� admis au cours des quatre ann�es de travaux effectu�s � plus de 4 000 m d'altitude, par des temp�ratures, en hiver, de - 25 �C ou - 35 �C, et qui, sur pr�s de la moiti� du parcours, s'effectuait sur un sol gel�. Aucun t�moin ind�pendant ne pourra d�crire les conditions de travail des ouvriers qui ont creus� les innombrables tunnels et ouvrages d'art dans ce climat infernal, et dont, officiellement, pas un seul n'a trouv� la mort.

L'exploit d'ing�nierie est assur�ment consid�rable. Entre Golmud, capitale du Qinghai, � 2 800 m d'altitude, et Lhassa, � 3 650 m, le chemin de fer a �t� construit pour l'essentiel au-dessus de 4 000 m, y compris un sommet � plus de 5000m, le mont Taggula. L'amplitude des temp�ratures entre l'�t� et l'hiver d�passe les 80 �C, dans une r�gion de surcro�t sismique. Cette voie ferr�e s'inscrit dans la s�rie des grands travaux d'infrastructure lanc�s dans ce pays dont les principaux dirigeants, depuis quinze ans, ont une formation d'ing�nieur. Le barrage des Trois Gorges, le plus grand du monde, sur le fleuve Yang-ts�, ou la d�rivation sud-nord destin�e � acheminer une partie des eaux du Yang-ts� vers les r�gions du Nord, souffrant de la s�cheresse, sont autant de d�fis techniques que la Chine est aujourd'hui l'un des seuls pays � oser relever. Symboliquement, au moment o� se tenait � Lhassa la c�r�monie marquant la fin des travaux du chemin de fer, deux cosmonautes chinois tournaient autour de la Terre, un autre exploit marquant la mont�e en puissance de la Chine.

Mais, comme toujours dans ce pays, la politique est rarement loin. Ce chemin de fer sur le Toit du monde ne permet pas seulement de d�senclaver la r�gion tib�taine, qui n'est joignable en hiver que par avion ou par une route longue et p�nible. En mettant Lhassa � douze heures seulement de la liaison avec le r�seau ferroviaire du reste de la Chine, P�kin arrime un peu plus le Tibet � l'ensemble chinois. Et, surtout, il ouvre tout grand le Tibet � l'immigration chinoise.

Le ph�nom�ne a d�j� �t� analys� au Xinjiang, l'autre province en proie � un probl�me de m�me nature que le Tibet (Lib�ration du 7 septembre) : la construction d'un chemin de fer entre la capitale, Ur�mqi, et Kashgar, dans l'extr�me ouest du pays, a acc�l�r� l'arriv�e de �colons� Han, et donc la modification de l'�quilibre d�mographique. Au Xinjiang, la moiti� de la population est d�sormais constitu�e de nouveaux arrivants issus de l'ethnie majoritaire chinoise.

�G�nocide culturel�. Au Tibet, les Han sont sans doute majoritaires � Lhassa, m�me si, � l'�chelle de la r�gion autonome, les Tib�tains restent les plus nombreux. Mais en facilitant les d�placements, le Toit du monde va attirer de nombreux paysans du Sichuan voisin, qui compte quelque 100 millions d'habitants l� o� le Tibet n'en compte que 2,5 millions. De quoi inqui�ter les leaders tib�tains en exil, qui parlent d�j� de �g�nocide culturel� en raison de la marginalisation croissante de la langue et de la culture tib�taines, cantonn�es � la religion et au folklore � destination des nombreux touristes chinois et occidentaux. Si les retomb�es �conomiques de cette voie ferr�e sont b�n�fiques � une r�gion qui compte parmi les plus pauvres de l'ensemble chinois, il est loin d'�tre s�r que les Tib�tains eux-m�mes en soient les premiers b�n�ficiaires."

Source : www.liberation.fr

6 Comments

je viens de voir un reportage d�capant sign� PETA au journal de 20h concernant le trafic de fourrures de chiens et de chats en Chine, sans faire de l'anti chinois primaire, ils me font vraiment gerber ces chinois.

le genre de remarques fascistes type "ils me font vraiment gerber ces chinois" sont vraiment � bannir de notre language de personnes civilis�es.

les �carts de language et de pens�s me donnent des hauts le coeur � moi aussi.

j'avais bien pr�cis� dans ma phrase que je ne voulais pas tomber dans l'anti chinois primaire, non ? il se trouve que oui l'attitude des chinois concernant pr�cisemment le Tibet et la culture tib�taine me fait gerber, que le reportage de PETA montrant des chinois torturer des chats et des chiens me r�volte et ce n'est pas �tre fasciste que de dire �a. sache PE que je trouve ton commentaire blessant et d�plac�, je crois que tu te trompes de cible l�.

Tout de suite les grands mots... si Khyungpo, au sujet des g�nocideurs de palombes, avait �crit il me font gerber les chasseurs pyr�n�ens, je crois que cela serait mieux pass�... Derri�re ce "fascisme" lach� par PE, je sens poindre le mot "racisme"... je suis d�sol� mais � la vision de la s�quence diffus�e hier au cours du journal France 2, il y avait vraiment de quoi gerber... Ebouillanter des chats vivants (enferm�s dans des sacs en plastique) il y de quoi avoir le coeur au bord des l�vres... C'est une pratique barbare, comme il en existe encore trop dans notre monde moderne...
Et puis entre nous, le fascisme, le vrai, est le fondement du r�gime chinois.
sur ce blog, les personnes sont souvent d'accords sur le fond mais est-ce qu'il est n�cessaire d'aller se chercher des noises sur la forme, au risque d'�tre insultant ?

J'ai d�lib�r�ment cherch� l'�cart de language pour bien s�r souligner que la forme est importante malgr� que l'on soit d'accord sur le fond. Je suis d�sol� d'avoir �t� blessant mais figurez-vous, que pour vous connaitre un tout petit peu, �a m'a bless� et choqu� aussi qu'une phrase construite comme celle-ci ait pu �tre prononc�e par khyungpo.

je pense aussi qu'un certain nombre de millions de chinois ont pu se sentir insult� eux aussi et de mani�re beaucoup plus grave alors qu'ils n'y sont pour rien.

Ni le gouvernement chinois, ni la chine ne tiennent une place bien haute dans mon coeur vu ce qu'ils ont pu infliger � un certain nombre d'amis tr�s chers.

Je ne cherchais pas de cible. je ne suis pas en chasse, ni en guerre. je ne suis pas un justicier. cette phrase m'a fait r�agir. ce n'est pas si important.

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This page contains a single entry by noemie published on October 25, 2005 12:16 PM.

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