L'oc�an est comme une gigantesque t�che d'huile depuis quelques jours. C'est le printemps aujourd'hui, non? dehors: de fines pluies de d�but de journ�e, avant la chaleur du midi.
Je voudrais vous faire lire cette news letter de Claude B.Levenson, au sujet de la comm�moration du 10 mars, mais aussi au sujet de ce que je vous avais racont� ici m�me en janvier, sur ce que le Dalai Lama a dit � Amaravati, notamment sur la fourrure :
"Le 19 mars 2006
ICI OU LA, TOUJOURS ET ENCORE LE TIBET
Des drapeaux tib�tains qui fleurissent par dizaines au fronton des mairies fran�aises, italiennes, espagnoles ou belges; des Tib�tains et leurs sympathisants qui se retrouvent � Prague, Tokyo, New York, Chicago, Londres; en Allemagne, en Italie, en Grande-Bretagne, en Espagne, en Suisse, en Inde ou � Dharamsala autour du 10 mars - est-ce � dire que la conscience du malheur tib�tain s'enracine au coeur d'une opinion publique mieux avertie � travers le monde? Peut-�tre: � force d'�tre r�p�t�e, r�it�r�e, redite, rab�ch�e, l'information finit par circuler en un r�seau affleurant parfois en des lieux inattendus, formant un terreau pour une d�termination � cultiver sans faillir. Afin de pousser les responsables, ceux qui se pr�tendent � la barre des affaires du monde, � assumer enfin leurs responsabilit�s, avant qu'il ne soit vraiment trop tard. Car le Tibet - celui des Tib�tains, celui de ceux de l'int�rieur ou de l'exil, celui de ceux qui le connaissent et de ceux qui se battent pour lui sans y avoir mis le pied - doit demeurer, sous peine de devenir une esp�ce de parc d'attraction touristique que certains souhaitent en faire. En parquant ses habitants dans des r�serves pour exploiter plus commod�ment ses ressources et en pratiquant des transferts massifs de populations avec l'id�e arr�t�e de mettre la communaut� internationale devant le fait accompli d'une colonisation/sinisation acc�l�r�e' et sans complexe.
Ne pas oublier qu'aujourd'hui, le Tibet pr�sente un double visage. En exil, les Tib�tains se rendaient le 18 mars aux urnes � travers le monde pour �lire leur nouvelle assembl�e de d�put�s et le premier ministre, se livrant ainsi � l'exercice d�mocratique de leurs libert�s fondamentales dont la majorit� des Tib�tains, �troitement contr�l�e sur son sol ancestral, ne peut pour l'instant que r�ver. Mais � leur mani�re, ces Tib�tains sous haute surveillance parviennent quand m�me � faire savoir le fond de leur pens�e et le sentiment le plus intime qui les habite. A preuve, cette campagne lanc�e sans doute par les chevaux de vent ou les pri�res des moulins tournoyants, et qui se traduit par de nombreux feux impr�vus o� br�lent les ornements en fourrure d'esp�ces menac�es qui rehaussaient les habits de f�te.
Il aura suffi d'une remarque du Dala�-lama lors de la c�r�monie du Kal�chakra � Amaravathi dans le sud de l'Inde au d�but de l'ann�e pour que la nouvelle prenne son envol bien au-del� de l'Himalaya, �veillant une prise de conscience et t�moignant du m�me coup en filigrane d'un �cho concret en un geste de loyaut� peu banal. Et aucune autorit�, f�t-elle chinoise, ne peut trouver � y redire, puisque la campagne a pour but de prot�ger l'environnement et des esp�ces en danger...
Serait-ce pour faire pi�ce � cette influence qu'il persiste � qualifier de pernicieuse que le r�gime de P�kin a d�cid� d'organiser un grand forum mondial sur le bouddhisme, le premier depuis 1949, � la mi-avril � Hangshou, dans le Zheijiang? En tout cas, un millier de moines et d'experts d'une dizaine de pays, de Chine, de Hong Kong et de Taiwan y compris, sont convi�s � d�battre du th�me "Un monde harmonieux commence dans l'esprit", dans un bel �lan de propagande visant � �pauler la campagne du pr�sident Hu Jintao pour "une soci�t� plus harmonieuse".
Voil� qui fera le plus grand plaisir aux croyants de toutes ob�diences chr�tiennes oblig�s � pratiquer dans la clandestinit�, aux adeptes de Falun Gong qui subissent les pires traitements aux mains des forces de l'ordre, au jeune Panchen-lama kidnapp� en 1995 sur ordre des autorit�s chinoises � peine reconnu par le Dala�-lama et dont on est sans nouvelle depuis, comme � tous ceux qui payent le prix fort pour leur loyaut� � leur guide spirituel exil�. Au fait, si d'ores et d�j� Xia Wunan, vice-pr�sident de la Fondation bouddhiste mondiale pour la paix (institution officielle chinoise) a r�pondu que "le temps n'�tait pas m�r pour inviter le Dala�-lama ni le jeune Karmapa" (qui a fauss� compagnie fin 1999 � ses cerb�res du monast�re de Tsurphu au Tibet sous domination chinoise), on peut en revanche se demander si le jeune Panchen-lama impos� par le gouvernement de P�kin sera de la partie...
Et malgr� tout, m�me si une hirondelle ne fait pas le printemps, le plaisir de partager une bonne nouvelle: le 18 mars � Gen�ve, le jury du Festival international du film des droits de l'homme a d�cern� son Grand prix Sergio Vieira de Mello � "Ce qu'il reste de nous", de Fran�ois Pr�vost et Hugo Latulippe, avec Kalsang Dolma, avec ce commentaire: "A la fois artistique et �thique, ce film est r�compens� pour la pertinence de son contenu et la beaut� de sa forme. Profonde m�taphore sur le combat pour les droits de l'homme men� par une seule personne, il d�livre un message pacifiste universel". Kalsang Dolma �tait sur place pour porter haut les couleurs tib�taines, mais surtout, ne demandez pas � qui va l'allusion d'un combat pour les droits de l'homme men� par une seule personne...'"
De Claude B. Levenson.
Claude B. Levenson est une femme tr�s enti�re au sujet de Tibet. Elle a aussi �crit de tr�s beaux livres dont "Le Seigneur du lotus blanc".
C'est bien de voir � quel point le peuple tib�tain est en accord complet avec le Dalai Lama. Il leur a bien dit en janvier � Amaravati :(s'adressant aux tib�tains venus sp�cialement du Tibet pour l'�couter) "dites leur bien aux tib�tains du Tibet, surtout, dites leur que le Dalai lama a dit qu'ils avaient l'air ridicules avec leur peaux de b�tes, et qu'ils devraient avoir honte de porter aussi fi�rement des peaux d'animaux dont la plupart sont des esp�ces en voie d'extinction! dites leur qu'ils passent pour des sauvages et que je leur demande d'arr�ter de porter de la fourrure!". Le Dalai Lama a beaucoup parl� de la cause animale � Amaravati. Il a d�crit, sans m�cher ses mots ce qu'enduraient les animaux �lev�s pour leur fourrure, il a aussi parl� des �levages en r�gle g�n�rale et � d�plor� que l'on en soit arriv� l�.
J'esp�re qu'il remettra la gomme � Rennes en juillet :o) (plus d'infos sur sa venue : www.dalailama-rennes2006.fr)
Un article sur les �lections du gouvernement tib�tain en exil :
Source : Le Figaro.fr
Marie-France Calle
20 mars 2006, (Rubrique International)
Asie - Le Parlement tib�tain si�ge depuis 1962 � Dharamsala, dans les montagnes himalayennes indiennes.
UN �LECTORAT g�ographiquement �clat�, appel� aux urnes pour d�signer des d�put�s sans partis : le modus operandi de la politique tib�taine en exil est unique. Comme l'est le dala� lama, leur leader spirituel, mais aussi politique, de 6 millions de Tib�tains, dont plus de 100 000 vivent en diaspora. Comme lui, qu'ils appellent �Kundun� (Pr�sence), la plupart ont trouv� refuge au nord de l'Inde, en 1959, apr�s la sanglante r�pression � Lhassa, la capitale du Tibet. Elle fut men�e au pas de charge par les troupes de la Chine communiste. D'autres ont cherch� asile au N�pal, au Bhoutan, en Am�rique du Nord, en Europe. Certains continuent de r�clamer l'ind�pendance du Tibet, d'autres affirment aujourd'hui pouvoir se contenter d'une large autonomie.
Samedi 18 mars, c'est en faveur de cette politique des petits pas avec P�kin, assortie de mille et une concessions, que les Tib�tains en exil ont vot�. Sans le savoir vraiment. Ils �taient appel�s aux urnes pour renouveler un Parlement qui si�ge depuis 1962 � Dharamsala, dans les montagnes himalayennes indiennes. Une assembl�e sans partis, mais aussi sans programme bien d�fini. �Nous n'avons pas de syst�me de partis, donc il n'y a pas de programme. Notre but principal est d'oeuvrer � la libert� du peuple tib�tain et au bien-�tre des Tib�tains en exil�, s'est d�fendu Pema Jungney, l'actuel pr�sident de l'assembl�e du gouvernement tib�tain en exil.
Cette �voie m�diane�, le dala� lama l'avait adopt�e d�s 1979. Il continue de s'en faire le champion. Le gouvernement en exil ne l'a jamais d�menti. Reste que, malgr� plusieurs rounds de n�gociations entre �missaires tib�tains et P�kin, la Chine est toujours aussi m�fiante. �Kundun� r�ve pourtant d'un retour en terre natale. M�me s'il ne s'agit que d'une �visite�, dit-il volontiers. Tous les espoirs tiennent au maintien du dialogue. Entam� en 2002, il ne s'est plus interrompu depuis. Le mois dernier, une cinqui�me rencontre a eu lieu.
Une sorte de laboratoire
Pendant ce temps, le Parlement en exil fonctionne comme une sorte de laboratoire. Depuis pr�s de 45 ans, les d�put�s se rodent � un �ventuel exercice du pouvoir dans leur pays, de l'autre c�t� de la cha�ne himalayenne. Depuis 1990, ils ont pour t�che d'�lire un cabinet de sept ministres qui doivent rendre des comptes devant les �lus.
Les Tib�tains en diaspora, qui participaient, samedi, � la fois � la derni�re phase des l�gislatives et au premier tour de l'�lection directe d'un nouveau premier ministre, ont �t� tr�s nombreux � voter. �C'est fantastique de voir qu'autant de gens sont venus voter�, s'est r�joui � Dharamsala, Dawa Tsering, un membre du Parlement sortant. Il n'y a pourtant gu�re de surprise � attendre. Le deuxi�me tour du scrutin visant � �lire le premier ministre devrait d�boucher sur la reconduction de Samdong Rinpoche, actuellement aux manettes � Dharamsala. Ce moine bouddhiste, qui a enseign� la philosophie � B�nar�s trente ans durant, est sur la m�me longueur d'ondes que le dala� lama."
Source : Le Figaro.fr
bonne journ�e,
no army.