"Le 19 ao�t 2006,
LE GLAS SONNE-T-IL POUR LE TIBET ?
Il para�t que quelque part � P�kin, une grande horloge �lectronique a commenc� � �grener en public les minutes (les secondes ?) qui restent jusqu'� l'ouverture de ces fameux JO de 2008 pour lesquels rien n'est trop beau, trop grand, trop cher afin de mieux �baubir la galerie et triomphalement c�l�brer l'honneur retrouv� du C�leste empire. Ou de pi�ger ceux � et ils sont sans doute nombreux � qui ne demandent pas mieux que de se laisser prendre au chant langoureux des sir�nes chinoises.
Le dragon, quant � lui, r�serve ses foudres aux autres, ces esprits chagrins ou malins qui d�noncent l'�cran de fum�e, les petites gens vid�es sans m�nagement de leurs lieux familiers, les for�ats qu'on oublie de payer sur les chantiers pharaoniques, les migrants des campagnes pouss�s � l'exode rural par l'avidit� de petits chefs locaux ou la corruption de cadres indignes, tous ces gagne-petit modernes riv�s � leur outil de travail pour produire toujours plus toujours moins cher dans des conditions que de multiples rapports d'experts qualifient d'inhumaines, tous ces oubli�s occult�s derri�re la fa�ade rutilante de kitsch du 'miracle chinois'. Bien s�r, �a fait du monde, toutes ces innombrables victimes d'injustices sociales ou de brutalit�s physiques, mais le dragon a de la force et des bataillons serr�s d'ex�cutants sans �tat d'�me � son service.
Pour bien se faire comprendre et surtout ob�ir au doigt et � l'�il, la t�te pensante ( ?) du dragon a donc visiblement et unanimement d�cid� qu'il valait mieux pr�venir que gu�rir : autant s'y prendre � l'avance, afin que l'exemple serve � l'�dification des masses. Et quoi de plus dangereux que les mots ? Car il est des mots � libert�, justice, droits de l'homme, d�mocratie, r�union Taiwan, Tibet, dala�-lama � qui doivent �tre �troitement surveill�s, sinon ils peuvent servir de d�clic � des pens�es, voire des id�es incongrues pas forc�ment en odeur de saintet� l� o� s�vissent autocrates et despotes.
Il est donc parfaitement dans une logique dictatoriale que ces mots-l� soient pourchass�s sans rel�che et mis � l'index afin de ne contaminer ni les autres ni le vaste public qui d'aventure les apercevrait. D'autres mots, soigneusement s�lectionn�s, sont en usage pour le formatage du mode de penser et d'agir du plus grand nombre � les exemples ne manquent pas attestant du bon fonctionnement de la m�canique, des JO pass�s de Berlin en 1936 � ceux � venir de P�kin en 2008.
C'est sans nul doute dans cette optique de � silence, on l�gif�re en faveur du respect du droit � l'expression libre � que la vigilance tous azimuts en Chine �tend son maillage de plus en plus serr�, de la presse traditionnelle � la toile, et que les voix m�me pas vraiment dissidentes ni forc�ment critiques, simplement lucides, sont b�illonn�es, comme le montre la r�cente fermeture de blogs divers, dont ceux de Woeser, cette po�tesse tib�taine dont le 'crime' est de parler du Tibet et d'avoir mis sur son espace virtuel une photo de ce dangereux fauteur de troubles qu'est le Dala�-lama aux yeux des locataires de la Cit� interdite. Ou encore cette condamnation � une peine ultra-s�v�re de dix ans de prison pour un jeune �crivain tib�tain, Dolma Gyap, ni vu ni connu pass� � la trappe apr�s la d�couverte dans ses papiers d'un texte manuscrit, donc non publi� et somme toute priv�, sur l'histoire de son pays�
La Charte de l'olympisme d�finit ainsi sa philosophie : 'le respect des principes fondamentaux de l'�thique universelle pour promouvoir une soci�t� pacifique soucieuse de la dignit� humaine'. Il y a cinq ans, dans un journal parisien, la pr�sidente de Solidarit� Chine interrogeait : 'Quant � r�ver que le gouvernement chinois l�chera la pression sur sa population une fois qu'il sera certain d'accueillir les JO, qui y croit encore ?' Les faits lui ont donn� raison. De son c�t�, le Dala�-lama me disait en juillet 2001 : � Les atteintes aux droits de l'homme, les restrictions impos�es aux libert�s fondamentales, la pratique de la peine de mort � laquelle je suis absolument oppos�, le m�pris des cons�quences des jeux pour les conditions de vie de la population comme pour l'environnement, la corruption ambiante sont des traits n�gatifs que l'on ne peut d�lib�r�ment ignorer. Ceux qui rappellent ces r�alit�s d�plaisantes ont raison de le faire. Et l'octroi de ce privil�ge � P�kin ne doit pas �tre un motif de d�couragement. Au contraire. Il faut maintenant que les autorit�s chinoises assument leurs responsabilit�s, tiennent leurs promesses et respectent leurs engagements. �
A deux ans de la c�r�monie officielle d'ouverture, ce serait se leurrer que de dire qu'il y a eu r�ellement quelque progr�s� M�me si le Tib�tain de Suisse qui s'en est all� en solitaire d�ployer une banderole de protestation sur la place Tien Anmen a pu heureusement aussit�t prendre le large ; m�me si un trio de contestataires a r�ussi un exploit analogue � la gare d'o� partait le premier train pour son voyage inaugural jusqu'� Lhassa : rien ne doit �tre n�glig� pour faire entendre la voix du Tibet � cette occasion, en posant les questions qui d�rangent. Parmi celles-ci, les atteintes aux droits fondamentaux des Tib�tains par la puissance occupante ; la libert� de la presse int�rieure et internationale entrav�e quand elle n'est pas simplement bafou�e ; la pollution chronique � P�kin, certainement dangereuse pour la sant� des athl�tes � au point que d'ores et d�j�, il est question que, faute de conditions d'hygi�ne et de soins ad�quates pour les chevaux, les �preuves hippiques des jeux se d�roulent� � Hong Kong. A moins que corruption et passe-droits se soient subrepticement inscrits dans la Charte olympique pour assurer le succ�s des joutes sportives ?
Et sans doute pour mieux garnir l'escarcelle de tous ces travaux pr�paratoires, on apprend qu'une vente aux ench�res � Chengdu de permis de chasse va offrir aux amateurs �trangers de ce sport pas encore inscrit au tableau des disciplines nobles la possibilit� de chasser en territoire chinois des animaux comme le cerf ou � le yack (4000 euros pi�ce). Tiens donc� et moi qui croyais qu'on ne trouvait de yacks que dans les solitudes tib�taines ? Non, le glas ne sonne pas pour le Tibet, c'est le tocsin qui devrait sonner pour enfin r�veiller une certaine conscience du monde : il serait grand temps de se rappeler qu'il existe, m�me non �crit, un crime de non assistance � un peuple en danger."
Claude B. Levenson
www.claudelevenson.net
C'est un tr�s beau texte je trouve, et je remercie vivement Claude B. Levenson de l'avoir �crit et partag� avec nous tous sur internet.
Dr�le de journ�e � Lacanau hier, o� j'ai fais des photos en �coutant deux chansons de Cat Power, ainsi que Jimmy Jazz des Clash.
"Jimmy Jazz, J.A.Z.Z, J.A.Z.Z, then it sucks..."
Puis Seignosse, Le Penon, Bourdaines, re Le Penon, pour d�ner...
Biarritz pour se coucher.
Shooting ave Micky Picon pr�vu pour fin de semaine prochaine, normalement. Des articles en anglais et les photos qui vont avec... � rendre � Hebe pour le 25. �a va arriver vite, je le sais bien.
Expo � partir du 31. J'ai quelques id�es...
2005 �tait une ann�e : Riz complet - graines germ�es - lait de riz - tartines tahin ou beurre de cacahu�te - confiture de framboise - huile d'olive - th� vert - cheveux longs et cassants
2006 est une ann�e : Quinoa - carottes crues - lait d'amande - muesli de l'�tudiant - graines de lin- huile de colza - fruits - th� tuocha - cheveux courts effil�s - huile d'argan - savon d'alep
Une dr�le de journ�e que cette journ�e � Lacanau, hier..
Seignosse encore cet apr�s midi..
bonne journ�e,
n.