"On nous r�p�te sur tous les tons que nous vivons un monde qui dispose de moyens de communication extraordinaires, dont ne disposaient pas les g�n�rations pr�c�dentes. Mais il y a une confusion qui est faite avec l�information. L�information va � sens unique d�un sujet vers un autre sujet. A proprement parler, la radio et la t�l�vision ne sont pas des instruments de communication, mais des outils d'information. La communication suppose une information r�ciproque. Cela veut dire que deux sujets �changent, partagent du sens.
Dans les diff�rents degr�s de la relation avec l�autre, le plus bas est peut-�tre celui du sentiment de l'isolement. On souffre de ne pas se sentir envelopp� de la pr�sence de la communaut� des humains. Ne supportant pas son sentiment d'isolement, on peut allumer la t�l�vision du matin au soir. Cela donne une pr�sence qui enl�ve un peu du sentiment oppressant du silence, ce silence qui vous renvoie � notre isolement dans un monde o� on ne compterez gu�re pour quelqu'un. Et quand c�est trop douloureux, nous fuyons vers les autres de toutes les mani�res possibles. On va partout o� des gens sont rassembl�s pour qu�ter un peu de chaleur humaine, comme au caf�. Nous esp�rons qu�un peu de compagnie, m�me superficielle, parviendra � nous d�livrer du sentiment d�isolement. Mais le sentiment de solitude revient vite apr�s, avec cette tension int�rieure particuli�re, ce sentiment de vide, ce d�sert int�rieur que l'on retrouve de n'avoir personne avec qui communiquer. Mais il y a aussi des processus par lequel on s�isole pour finir peu � peu par se refermer sur soi-m�me. Le chagrin et la souffrance entretenus tendent � vous isoler des autres et � vous replier sur vous-m�mes. Mais la solitude est autre chose, c�est le sentiment qui vient de la perception de la nature insulaire de chaque conscience. Chacun, qu�il l�accepte ou non, qu�il l�assume bien ou mal, est seul vis-�-vis de lui-m�me m�me quand nous sommes en relation avec les autres. On ne peut pas mettre fin � la solitude sur ce plan m�taphysique. C�est une illusion de croire que l�on pourrait supprimer la solitude. Ce que l�on peut �ter, c�est la s�paration avec autrui qui donne naissance au sentiment d�isolement. L�exp�rience de la solitude est aussi une n�cessit� vitale dans un monde tel que le n�tre qui favorise la confusion. Il est bon que nous conservions un droit � la solitude pour nous retrouver nous-m�mes.
Le conflit est une relation qui se met en �chec et de ce fait ne se r�alise pas. L�amour-passion est � ce titre une sorte de vell�it� contradictoire, puisqu�il cherche � poss�der la libert� d�autrui, � en faire sa chose, alors que la libert� est un bien inali�nable. La relation de pouvoir faire d�autrui un objet. La relation �conomique fait d�autrui un objet etc. Cependant, le conflit met en jeu deux individualit�s qui sont d�j� sorties de l'isolement.
Mais que se passerait-il si, loin d�opposer un moi � un autre moi, la conscience personnelle venait � se dissoudre dans les autres? On pourrait croire que si il n�y a pas moi/l�autre, les �tres seront imm�diatement plus proches. C�est le � on � qui nivelle toutes les valeurs. Le on s�en tient dans le bavardage aux lieux communs, celui de la pluie ou du beau temps. Le on entretient l�h�b�tude de la vigilance. Pour communiquer il faut deux personnes conscientes d�elles-m�mes, il faut avoir quelque chose � se dire qui ait un r�el int�r�t. L'existence authentique est n�cessairement une reconqu�te de Soi en tant que Personne. Et la relation personnelle suppose la r�ciprocit� de l'existence personnelle. La confusion est une dispersion dans la conscience commune.
Pour qu�une authentique relation apparaissent, il est n�cessaire que le sujet soit plac� dans une position qui soit celle de la conscience personnelle. Une relation est personnelle ou elle n�est pas. Il ne saurait y avoir de relation �impersonnelle�, car ce mot signifie pas de relation du tout. Il faut donc la chaleur de la pr�sence en personne et un sentiment de cette pr�sence : cela s'appelle la sympathie. Sym d�signe ensemble (comme dans symbiose), pathie d�signe le sentir sous la forme du pathos, du sentiment. La sympathie signifie � �prouver ensemble �, ouverture du sentiment au del� des limites du moi et de ses int�r�ts. Bergson dit que la sympathie me relie � tout ce qui vit, � tout ce qui est sensible, elle �veille dans le c�ur la compassion.
Ce sont les affinit�s �lectives qui font l'amiti�. L�amiti� est davantage que la sympathie, car si cette derni�re me rend plus proche de l�autre, mais elle ne suppose pas la r�ciprocit�. La bienveillance n�est pas encore l�amiti�, c�est ce sentiment qui fait que nous d�sirons le bien de l�autre, sans retour. Quand par contre est pr�sente � la fois la sympathie et la bienveillance et qu�elles sont r�ciproques, nous sommes dans l�amiti�. En un mot, l�amiti� est une vertu. Dans notre monde postmoderne nous confondons le copain avec qui on fait la f�te avec l�ami. Ou bien, nous prenons pour acquise des relations de fait, celles qui doivent se nouer entre des gens qui sont ensemble dans une m�me institution : nous confondons alors l�ami, ou avec le camarade.
C�est tout naturellement que de vrais amis pourront se rendre service et chercheront ensemble les m�mes plaisirs. L�amiti� ne suppose par l�asc�tisme mais l�h�donisme. Pourtant, il faut avouer qu�une telle amiti� est rare.
Il faut dans l'amiti� concilier tout � la fois le respect et l'amour. L�amour rapproche, mais nous savons aussi que comme amour-passion, il peut manquer de respect. Pour que l'amiti� retrouve sa valeur, il faudrait que nous retrouvions le don de soi, le sens de la sagesse, le sens de la beaut�, le souci de l�art de vivre. Mais comment, dans le harc�lement dans lequel nous vivons, pourrions-nous �tre sensible aux formules d�Epicure : � du pain, de l�eau et de l�amiti� � ?
Il y a dans l'amiti� de l'amour, mais l'amour consid�r� dans son essence n'est pas l'amiti�. Nous parlons souvent de l�amour, mais savons-nous seulement ce que c�est ?
C�est un mot qui a �t� us� et d�figur� par son usage. On dit � j�aime � � propos de tout : � du chocolat, du soleil qui descend sur les bois... � Mais est-ce cela l�amour ? On parle d�amour de la Patrie et on nous a dit qu�il fallait �tre pr�t � tuer pour la patrie. L�amour est �tal� dans des magazines o� il est associ� avec le d�sir et le plaisir sexuel. Les pr�dicateurs parlent de l�amour de Dieu, qui implique le rejet de la chair. Nous disons encore qu�il faut aimer, mais l�amour est-il un devoir? L�amour se r�duit-il au d�sir et � la recherche du plaisir ? Le d�sir engendre l�attachement qui, pour la plupart d�entre nous, est effectivement confondu avec l�amour. On dit que l�on aime quelqu�un tant qu�il r�pond � notre demande affective, notre demande de s�curit� : quand il nous appartient. Au moment o� il se d�tourne de nous, appara�t la jalousie, le m�pris et la haine. L�attachement tisse des liens serr�s qui �touffent et emprisonne. Il ligote l�un et l�autre, il interdit l�amour. Il interdit la libert� de l�autre, aussi est-il perp�tuellement remis en cause. Si nous aimions vraiment, nous saurions laisser l'autre libre �lorsque l'on aime, il faut �tre libre, non seulement de l'autre personne, mais par rapport � soi�.
L'amour est le don du soi du c�ur qui n'attend pas de retour, qui n'exige pas de r�ciprocit�, le don qui trouve sa joie dans le seul fait de se donner. L�amour peut laisser libre, entourer de soin, aider l�enfant � grandir. L�amour ouvre les yeux, permet de comprendre au lieu de juger. Il r�v�le en l�autre ce qu�il a de meilleur. Mieux : quand on aime � l�autre �. L�amour met l�unit� l� o� d�ordinaire r�gne la dualit�, il nous fait traverser la souffrance de la s�paration en donnant l�unit� du sentiment.
La relation est personnelle et ce sommet de la relation personnelle, dans le champ de la dualit�, de la diff�rence, nous l�avons rencontr� dans l�amiti�. L�amour fonde la relation sur l�unit�, il porte la relation � son point le plus �lev� parce qu�il est l�expression du principe du don et d�un don qui n�est pas purement formel ou moral, mais repose sur l��panchement du c�ur."
R�sum� tir� du site http://sergecar.club.fr/
bonne journ�e :o)
no�mie.

J'h�site entre deux mots, "lapalissade" et "charabia". Mais je ne connais sans doute ni l'amour, ni la sympathie, ni la bienveillance, et encore moins la compassion. Je pr�f�re franchement quand tu r�diges des r�sum�s de toi-m�me plut�t que des synth�ses de je ne sais qui.
S.
Oui bon c'est vrai c'est un peu long... c'est un sacr� pav� m�me, je reconnais :o) mais j'aime bien ces explications sur l'amour, l'amiti�, la relation avec autrui en r�gle g�n�rale...
Je viens d'a�rer un peu le texte, j'ai refais un peu la ponctation, j'esp�re que ce sera plus digeste � lire comme �a
:o)
n.
Tu peux toujours essayer de dissimuler du beurre rance dans un pot de Nutella, tu ne me le feras pas avaler.
De mon c�t�, j'aurais coup� les 4/5e de ce catalogue de lieux communs et d'� peu pr�s (en vrac : "Ne supportant pas son sentiment d'isolement, on peut allumer la t�l�vision du matin au soir." ; " Pour communiquer il faut deux personnes conscientes d�elles-m�mes, il faut avoir quelque chose � se dire qui ait un r�el int�r�t. " ; " Il est bon que nous conservions un droit � la solitude pour nous retrouver nous-m�mes. " ; "Dans notre monde postmoderne nous confondons le copain avec qui on fait la f�te avec l�ami. ") m�tin�s d'un sabir incompr�hensible (au hasard : " On pourrait croire que si il n�y a pas moi/l�autre, les �tres seront imm�diatement plus proches. " ; " C�est le � on � qui nivelle toutes les valeurs. Le on s�en tient dans le bavardage aux lieux communs, celui de la pluie ou du beau temps. Le on entretient l�h�b�tude de la vigilance. " ; " L'existence authentique est n�cessairement une reconqu�te de Soi en tant que Personne. Et la relation personnelle suppose la r�ciprocit� de l'existence personnelle. La confusion est une dispersion dans la conscience commune. "). Sans parler des digressions cucul la praline (" On dit � j�aime � � propos de tout : � du chocolat, du soleil qui descend sur les bois... � Mais est-ce cela l�amour ? ") voire carr�ment stupides (" L�amour est �tal� dans des magazines o� il est associ� avec le d�sir et le plaisir sexuel. " Et alors ?).
Je veux bien sauver une partie du distingo fait entre la sympathie, l'amiti� et l'amour (c'est dire si j'ai bien tout lu). Encore que... Les consid�rations sur l'amour d�sint�ress�, enti�rement tourn� vers la libert� et le bonheur de l'autre, me paraissent totalement inapplicable � la nature humaine. Et �a n'est pas plus mal. L'�go�sme n'est pas qu'un d�faut.
En tout cas, �a m'�tonne de toi. C'est une peu comme si tu me disais que tu aimes Paolo Coelho, quoi.
S.