Tibet | Des Tibétains et des partisans de leur cause se sont rassemblés dans plusieurs pays de la région Asie-Pacifique, demandant la fin de la domination chinoise sur le Tibet.

* AP | 10.03.2009 | 15:57
Des milliers de jeunes Tibétains ont défilé à Dharamsala, la ville indienne sur les contreforts de l'Himalaya où s'est établi le dalaï lama après avoir fui le Tibet durant le soulèvement écrasé par Pékin il y a un demi-siècle.
Le chef spirituel bouddhiste tibétain avait un peu plus tôt, lors d'un discours devant une foule de partisans, accusé la Chine d'avoir tué des centaines de milliers de personnes au Tibet au cours des dernières décennies et conduit la culture et l'identité tibétaines au bord de l'extinction.
A Canberra, la capitale australienne, une marche a réuni quelques centaines de sympathisants de la cause tibétaine et des échauffourées avec la police ont éclaté devant l'ambassade de Chine. Quatre personnes ont été interpellées, avant d'être relâchées un peu plus tard. Une femme a apparemment tenté de s'étrangler avec le drapeau tibétain, selon des images de la chaîne Australian Broadcasting (ABC).
Plusieurs députés australiens se sont joints à la manifestation, ignorant un appel de la Chine exhortant les élus à rester à l'écart de la commémoration du soulèvement. L'un d'eux, le député Michael Danby, qui préside le Groupe parlementaire interpartis pour le Tibet, a révélé avoir reçu une lettre de l'ambassadeur de Chine Junsai Zhang lui demandant de ne pas participer au rassemblement.
"Je pense que l'ambassadeur a commis une erreur. Ce n'est pas vraiment (...) diplomatique dans une société ouverte comme l'Australie", a-t-il déclaré à la chaîne ABC. Interrogé sur cette lettre, le ministre australien des Affaires étrangères Stephen Smith a estimé que le diplomate chinois n'avait pas à dicter sa conduite à "un responsable élu ou un membre du Parlement élu".
Au Népal, la police a bloqué une centaine de Tibétains manifestant dans les faubourgs de Katmandou en scandant "Arrêtez de tuer au Tibet! Libérez le Tibet!". La sécurité avait été renforcée dans le pays, où vivent des milliers de Tibétains en exil. Les autorités népalaises avaient interdit les manifestations dans le secteur de l'ambassade chinoise, qui grouillait de policiers.
A Séoul, en Corée du Sud, une trentaine de militants, dont quatre Tibétains, ont brandi des pancartes proclamant "Paix au Tibet" et "Le nombre de morts augmente au Tibet!" devant l'ambassade de Chine.
Au Japon, des moines bouddhistes ont prié pour la paix au Tibet dans un temple de Nagoya, à 270 kilomètres à l'ouest de Tokyo. Des manifestations avaient également eu lieu ce week-end dans la capitale japonaise.
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2000 manifestants à Berne
Près de 2.000 personnes se sont rassemblées mardi à Berne à l'occasion du 50e anniversaire du soulèvement tibétain. En tête du cortège en direction de l'ambassade de Chine figuraient 50 cercueils portés par des manifestants. Ils ont lu des discours et observé une minute de silence en hommage aux victimes de l'occupation.
Les manifestants répondaient à l'appel des organisations tibétaines de Suisse. Portant des drapeaux et chantant l'hymne national tibétain, ils ont respecté une minute de silence lors de leur marche de protestation vers l'ambassade de Chine. Les bâtiments étaient entourés d'importantes mesures de sécurité pour l'occasion. Des moines ont aussi dit des prières. De source policière, les manifestants étaient environ 2000.
Les organisations tibétaines demandent au gouvernement suisse de prendre des mesures concrètes pour soutenir leurs revendications, notamment lors des discussions avec les représentants du gouvernement chinois. Les intérêts économiques en Chine ne devraient pas être placés au-dessus des droits de l'homme, selon la société pour les peuples menacés.
ATS/AFP/AP/Reuters | 10.03.2009 | 11:32
Le dalaï lama dénonce la répression au Tibet. «Mensonges» répond Pékin
Les Tibétains en exil ont marqué mardi le 50e anniversaire du soulèvement réprimé par la Chine et de l'exil du dalaï lama. A cette occasion, leur chef spirituel a accusé Pékin d'avoir fait de la province un «enfer» et tué «des centaines de milliers» de ses compatriotes.
Depuis son lieu d'exil de Dharamsala, dans le nord de l'Inde, le dalaï lama a aussi réitéré sa revendication d'une «autonomie significative» pour son pays natal.
«Ces 50 dernières années ont été celles de la souffrance et des destructions pour le territoire et le peuple du Tibet», a dit le lauréat 1989 du prix Nobel de la paix, dans un discours prononcé devant son temple accroché aux contreforts de l'Himalaya.
«Une fois le Tibet occupé, le gouvernement communiste chinois y a mené toute une série de campagnes de violences et de répression (...) Les Tibétains ont littéralement vécu un enfer sur Terre», a accusé le bonze.
Des «mensonges» pour Pékin
Pékin a répliqué en accusant le dalaï lama de ne pas distinguer «le vrai du faux» et de «propager des rumeurs».
«Les réformes démocratiques au Tibet sont les plus vastes et les plus profondes de son histoire», a assuré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ma Zhaoxu, qui a souligné ne pas souhaiter «répondre aux mensonges du dalaï lama».
Pour prévenir toute protestation pour le 50e anniversaire de la rébellion avortée contre la présence chinoise et pour le premier des émeutes de mars 2008, qui avaient fait 21 tués selon Pékin, 203 selon les exilés, la Chine a déployé d'importantes forces de sécurité sur le plateau tibétain.
Selon les témoignages d'habitants, joints au téléphone, la police et l'armée sont présentes en grand nombre, au Tibet et dans les régions environnantes touchés par les troubles il y a un an.
Journalistes interdits d'accès
Les journalistes étrangers sont également personae non gratae dans certaines des zones tibétaines de l'ouest de la Chine.
Après l'invasion et l'occupation par la Chine du Tibet en 1950- 1951, le 14e dalaï lama avait fui le 17 mars 1959 et traversé la frontière indienne le 30, près de trois semaines après le début d'une insurrection avortée à Lhassa contre le régime chinois.
Mais «même aujourd'hui les Tibétains au Tibet vivent en permanence dans la crainte: leurs religion, culture, langue et identité sont menacées de disparition. Les Tibétains sont considérés comme des criminels qui ne méritent que la mort», a martelé le dalaï lama, reprenant des propos qu'il tient régulièrement sur cette «sorte de génocide culturel» perpétré au Tibet.
Autonomie plutôt qu'indépendance
Pour autant, le moine - homme politique pragmatique et fin diplomate - a toujours défendu une stratégie non-violente et conciliante face à la Chine en ayant renoncé depuis longtemps à l'indépendance au profit d'une diplomatie dite de «la voie moyenne».
Dans ce cadre, le religieux de 73 ans a encore une fois insisté sur son plan d'autonomie sous tutelle chinoise, qui reste selon lui la meilleure chance pour le peuple tibétain. «Nous, Tibétains, aspirons à une autonomie légitime et significative», a-t-il dit à la foule.
Toutefois, cette stratégie, pourtant relégitimée en novembre par le parlement en exil, est contestée par une partie de la communauté tibétaine en exil qui la juge trop conciliante avec Pékin.
En novembre dernier, le dignitaire bouddhiste avait lui-même «reconnu l'échec» de son combat pour une autonomie «significative» du Tibet, après huit ans de négociations infructueuses avec Pékin.
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Quatre interpellations devant l'ambassade de Chine en Australie
Des manifestants se sont heurtés aux forces de police devant l'ambassade de Chine dans la capitale australienne de Canberra mardi au cours d'une manifestation marquant le cinquantième anniversaire du soulèvement manqué de 1959 contre l'occupation chinoise et qui a contraint le chef spirituel tibétain à l'exil.
A Séoul, la capitale de Corée du Sud, des manifestants ont agité des drapeaux tibétains et portaient des masques sur lesquels était inscrit le slogan «Paix au Tibet» devant l'ambassade de Chine. D'autres manifestations étaient prévues dans plusieurs pays asiatiques.
A Canberra, la police australienne a interpellé quatre manifestants parmi les quelque 300 personnes qui ont marché depuis le Parlement à l'ambassade chinoise située non loin.
Les quatre hommes avaient forcé les barrières installées par la police pour fixer les limites de progression de la marche. Ils ont été remis en liberté peu après sans qu'aucune charge ne leur ait été notifiée.
Plusieurs parlementaires ont pris part à cette manifestation, ignorant la requête de l'ambassadeur chinois leur enjoignant de ne pas y participer.
Michael Danby, un député de la majorité, a déclaré devant les manifestants qu'il avait reçu une lettre de l'ambassadeur de Chine Junsai Zhang. «Je crois que l'ambassadeur a commis une erreur. Ce n'est pas franchement diplomate dans une société ouverte comme l'Australie», a déclaré Danby cité par la chaîne Australian Broadcasting Corporation.
Le service de presse de l'ambassade de Chine était injoignable au téléphone, mardi.