Bonsoir,
Je vous serais immensément reconnaissante de bien vouloir prendre le temps de lire l'interview ci-dessous, car c'est très grave. Très très grave.
Lisez, faites circuler autour de vous et surtout envoyez un message au plus vite au Juge Jacqueimin (via Guenady), afin de soutenir Séverine. Le procès a lieu le 15 Juillet, c'est a dire dans quelques jours, donc le temps presse! Elle a vraiment besoin de soutien, cette histoire fait froid dans le dos, et est absolument révoltante. Aussi, si jamais dans vos relations vous connaissez quelqu'un, qui puisse aider, de quelque façon que ce soit Séverine et Elie, encouragez-les a contacter le juge, et s'il vous plait faites le savoir a Guenady (par exemple: journaliste, médecin sympathisant envers le végétalisme...)
Le procès va donc avoir lieu le 15 Juillet, c'est a dire dans quelques jours, donc s'il vous plait ne trainez pas a faire suivre cette info et mobilisez vous au plus vite car au delà du végétalisme, c'est une question de Droits de l'Homme, de Liberté... et il s'agit de sauver Séverine et Elie, afin que leurs vies ne soient pas foutues en l'air, car imaginez les dégâts causes par une telle séparation Mère - enfant...
Bref c'est urgent alors s'il vous plait, faites quelque chose! faites circuler ce message et écrivez un message de soutien au juge en faveur de Séverine, via Guenady:
Le mail de Guenady: speakeasy@wanadoo.fr
Vous pouvez télécharger le tract de la campagne pour aider Séverine au format PDF ici: free_severine2.pdf. N'hésitez pas a le faire circuler!
Merci d'avance!
Noemie.
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Interview avec Séverine Gérard, Végétalienne
An english version of this interview is available here (une version anglaise de l'interview est lisible ici): http://www.americanchronicle.com/articles/view/109248
Vous vous souvenez qu'un Juge niçois a rétiré le fils, Elie, de Séverine, en prétendant que le régime végétalien mettait sa santé en risque.
Séverine demande que nous envoyons un mot de soutien pour elle au Juge Jacqueimin, à mon adresse mail, et je les remettrai a Séverine avant la prochaine audience, le 15 juillet.

Une photo de Séverine lors de sa grève de la faim devant le Palais de Justice de Nice
L'INQUISITION EST-IL EXHUMEE
A Nice, France?
Guénady
8 juillet 2009
Trois semaines après avoir été libérée de son internement dans un hôpital psychiatrique de Nice, bien qu'elle soit épuisée par cette rude épreuve et en dépit de son angoisse au sujet de la séparation forcée qui perdure d'avec son fils âgé de deux ans, Elie, Séverine Gérard a passé quelques minutes avec moi pour faire le point sur sa situation, pour informer l'opinion publique.
GUENADY : Sévérine, racontez nous ce qui vous est arrivé ici, à Nice, et comment vous vous êtes retrouvée dans cette situation...
SÉVERINE : Et bien, j'ai quitté la Belgique il y a environ trois ans, et je suis venue à Nice parce que l'on m'a dit que c'était un endroit merveilleux pour vivre... J'avais fini l'université, où j'étudiais la psychologie, et j'avais passé une année à travailler dans ce domaine. Mais je voulais trouver une société plus libre pour vivre. Donc, je suis venue à Nice et j'en ai fait mon point d'attache, à partir duquel je voyageais, dans le cadre de ma recherche pour trouver un nouvel endroit définitif pour vivre.
GUENADY : Donc, Nice, n'allez pas devenir votre lieu de vie ?
SÉVERINE : Non. C'est beau ici, mais je trouve la ville assez répressive. Et les français... Bon, je me suis fait de bons amis ici; mais je trouve les Français étrangement soumis. Nous sommes beaucoup plus indépendants en Belgique. Nous n'avons pas peur de nous
rebeller contre l'autorité, quand elle a tort et pour défendre nos droits.
GUENADY : En qualité de citoyenne américaine, j'ai aussi observé que les Français sont conditionnés à une attitude de soumission à l'autorité, et j'ai aussi trouvé cela stupéfiant. Cela vient, je pense, de leur isolement linguistique. Et du fait que les classes «des administrés » sont habituées à donner trop de considération aux 'experts' et aux 'diplômés', encourageant leur soumission à l'autorité. Après tout, on leur a appris, qui sont-ils pour savoir quoi que ce soit, s'ils n'ont pas eu une éducation supérieure, quasiment réservé à l'élite de la société? Ainsi ils se tiennent tranquilles, et ils se résignent. Mais dites nous, Séverine, qu'est il arrivé à vous et à Elie ici ?
SÉVERINE : Et bien, nous voyagions beaucoup. Le dernier voyage était en Inde, l'été dernier. Nous sommes revenus en Septembre.
GUENADY : Donc, excusez moi de vous poser la question, Séverine, mais c'est une partie des accusations qui pèsent contre vous, avez-vous suffisamment d'argent pour subvenir à vos besoins et à ceux de votre fils ?
SÉVERINE : Bien sûr ! Nous ne sommes ni des sans abri ni des indigents, comme cela a été parfois fabriqué dans la presse. Au cours des trois dernières années, Elie et moi avons voyagé un peu partout dans le monde, mais nous sommes toujours revenus à Nice entre nos voyages, parce que je me suis fait de bons amis ici... Jusqu'à ce que je sache où je veux m'installer définitivement, j'aimais revenir ici. Au moins, jusqu'à maintenant... Mais maintenant, rester à Nice n'est plus possible. Les autorités ici se sont comportées trop mal... Comment pourrais-je jamais leur faire confiance à nouveau ?
GUENADY : Séverine, après votre retour de l'Inde, votre projet était de passer l'hiver à Nice?
SÉVERINE : Oui.
GUENADY : Et jusqu'au mois de mars, vous viviez tranquillement et sans incident?
SÉVERINE : Oui.
GUENADY : Et ensuite, qu'arriva-t-il?
SÉVERINE : J'allais souvent aux repas que l'Armée du Salut prépare ici... Vous pouvez rencontrer des gens très intéressants à la soupe populaire, vous savez. En Belgique, c'est un lieu habituel pour des intellectuels de se rencontrer. Bien sûr, Elie et moi ne
mangions pas vraiment là, nous prenions juste un fruit, et discutions avec les gens...
GUENADY : Et que vous est il arrivé à l'Armée du Salut ?
SÉVERINE : Le 23 mars, deux agents de la 'Police Nationale' vinrent et me prennent Elie, de force. J'ai été dénoncée par la Croix Rouge, incroyablement, et Elie a été placé dans une famille d'accueil. Le jour suivant, j'ai contacté le juge pour enfants. Tout d'abord, on m'a dit qu'il n'était pas au courant de mon cas, puis on m'a dit qu'une audience avait été prévue pour le 1er Avril. A cette audience, la principale suspicion contre moi était que je mettais en danger la santé de mon fils en le nourrissant avec un régime végétalien.
GUENADY : Et il y avait d'autres points que les autorités vous ont reprochés?
SÉVERINE : Oui, ils n'ont pas apprécié le fait que je n'ai pas de logement permanent à Nice.
GUENADY : Mais ce n'était pas la question principale ?
SÉVERINE : Non. La principale charge contre moi était que je mettais en danger la santé d'Elie en le nourrissant sans viande. Comme on me l'avait dit à l'avance, j'avais demandé à notre médecin en Belgique qui examinait périodiquement Elie, de m'envoyer une
lettre disant que mon fils était en bonne santé, et que le régime végétalien avec lequel je le nourrissais, en même temps que je l'allaitais encore, était parfaitement adapté à ses besoins nutritionnels.
GUENADY : Et la Cour avait ce document en sa possession avant l'audience ?
SÉVERINE : Oui. J'avais pris un avocat qui l'a soumis au Juge. Mais le jour de l'audience, cet avocat m'a dit qu'il ne voulait plus me représenter! Ainsi j'ai dû aller à l'audience seule.
GUENADY : Pourquoi cet avocat ne voulait il pas vous représenter? Vous a-t-il donné une raison?
SÉVERINE : Pas à ce moment là, mais plus tard, quand je faisais ma grève de la faim devant le Palais de Justice... Je l'ai vu aller au Palais et je lui ai demandé... Il m'a dit qu'il ne voulait pas se discréditer en étant associé à moi ! Évidemment, il savait à l'avance ce qui allait arriver, et il savait qu'il ne pourrait rien faire pour l'éviter, ainsi il ne voulait pas être impliqué.
GUENADY : Cela me rappelle la dame qui tient le seul restaurant végétalien de France, aussi ici à Nice. Elle était partie civile dans un procès contre une personne qui la harcèle depuis des années, et elle aussi sentait que tout était décidé à l'avance, et contre elle... C'est possible que ce soit parce qu'elle est végétalienne. De toute façon, le premier avril vous êtes allée à l'audience chez le Juge seule, non représentée et qu'est il arrivé ?
SÉVERINE : Et bien, le Juge avait ordonné un examen d'Elie et il en a eu les résultats. Tout allait bien, il n'y avait aucun problème par tous les critères. Et le Juge avait aussi en sa possession la lettre du médecin d'Elie en Belgique. Mais il y avait un autre médecin présent à l'audience, un pédiatre que le Juge a questionné et qui a dit qu'il était impossible pour un bébé d'être en bonne santé avec un régime végétalien...
GUENADY : En d'autres termes, ce médecin français a témoigné contre le témoignage de votre médecin belge et contre l'évidence de l'examen d'Elie ordonné par la Cour?
SÉVERINE : Oui. Le médecin français a été très explicite. Elle a dit qu'un régime végétalien a pour conséquence des microlésions au cerveau, invisibles à l'œil nu, mais qui se manifesteront plus tard, à l'âge adulte.
GUENADY : Pratique, car invérifiable! A-t-elle apporté des preuves de cette assertion?
SÉVERINE : Elle a dit que le besoin de manger de la viande dans le but de satisfaire les besoins nutritionnels humains est une proposition défendue pas le consensus scientifique au niveau mondial ! Clairement, le Juge a fait venir ce médecin pour qu'elle dise
ces choses, pour justifier la décision qu'il avait déjà prise.
GUENADY : Qui était ?
SÉVERINE : Il a demandé des analyses sanguines plus poussées. Et il a aussi décidé qu'Elie resterait avec la famille d'accueil. J'ai été autorisée à lui rendre visite seulement deux fois, une heure à chaque fois, puis mon droit de visite s'est arrêté, parce qu'ils ont dit que je ne facilitais pas la séparation.
GUENADY : Pourquoi ont-ils dit cela ?
SÉVERINE : Chaque fois que je voyais mon bébé, il pleurait quand la visite était terminée! Il ne voulait pas me quitter, et je ne voulais pas le quitter non plus! Vous savez, famille d'accueil est un commerce--un gros commerce. La ville reçoit quatre a cinq mille
euros par mois de l'Etat afin de prendre soin de chaque enfant saisi, et la famille d'accueil en reçoit mille. Ils gagnent de l'argent la dessus!
GUENADY : Qu'avez-vous fait pour reprendre Elie?
SÉVERINE : Je ne sais pas si vous pouvez imaginer. C'est un cauchemar! Je ne savais pas quoi faire. Mes amis ne savaient pas quoi faire non plus. J'étais si bouleversée que je n'ai rien pu avaler depuis le jour où l'on m'a pris Elie. Aussi, j'ai fait une grève de la faim totale devant le palais de Justice, demandant aux gens de signer la pétition que mes amis ont préparée, pour défendre ma demande que mon fils me soit rendu ! Je ne sais même pas si je serais encore capable de l'allaiter maintenant, après si longtemps...
GUENADY : Courage, Séverine! Puis, quelqu'un a découvert où Elie était et vous l'a dit ?
SÉVERINE : Oui... J'ai acheté un pistolet. Non pas un vrai pistolet, mais pas un jouet non plus. J'ai pensé que si j'avais besoin je pourrais l'utiliser pour intimider, pour me protéger. Et j'ai été à Antibes, où Eli était, pour essayer de le trouver.
GUENADY : Et l'avez-vous trouvé?
SÉVERINE : Oui. Il était dans la rue, revenant du parc, avec la famille d'accueil, et un couple qui doit être de leurs amis. A la minute où ils m'ont vue, l'homme vint vers moi, et son ami vint avec lui. Il saisit mes mains et me secoua. Il a dit, « Va-t-en! Tu es un danger pour le gosse! » Et je me retrouvais par terre, avec ces deux hommes sur moi, m'immobilisant. C'est là que je pris le pistolet de mon sac. Mon seule idée était, je ne peux pas laisser Elie avec des gens comme ça !
GUENADY : Et ils ont appelé la police?
SÉVERINE : Oui. La police vint et m'amena au poste. Ils étaient sympathiques, mais finalement un psychiatre est venu me voir. Il m'a dit qu'il comprenait mes sentiments et pourquoi j'avais essayé de reprendre Elie. Il semblait m'être sympathique. Il a dit que tout
allait bien se passer, et que je serais libérée, mais il signa l'ordre de m'interner dans le service psychiatrique de l'hôpital d'Antibes! C'est incroyable! Après ça, j'ai été transférée à l'hôpital psychiatrique de Nice. J'ai passé une semaine là, puis j'ai décidé de partir
GUENADY : Donc, vous êtes partie.
SÉVERINE : Oui. J'ai escaladé la clôture. Puis, je suis retournée à Nice et j'ai essayé d'imaginer ce qu'il fallait faire pour reprendre Elie. Après une semaine environ, je marchais dans la rue quand j'ai croisé le Juge. Bêtement, je lui ai même souris! Il
est parti furtivement et apparemment a appelé la police, parce que brusquement ils étaient là. Et ils m'ont ramené à l'asile où j'ai passé encore trois semaines. Les premiers jours, j'ai eu des injections forcées de Zyprexa, pour me garder tranquille. J'ai même été
attachée au lit, quand j'étais en colère parce qu'ils ne voulaient pas me laisser appeler mon avocate. C'est comme si c'était le moyen âge !
GUENADY : Comment êtes vous sortie finalement de l'asile ?
SÉVERINE : Et bien, pendant que je faisais ma grève de la faim devant le Palais de Justice, quelqu'un a parlé à une avocate française de mon cas. Elle est venue plusieurs fois me voir et m'exprimer sa sympathie pour ma situation, et elle est devenue mon
avocate. Bien sûr, je la paie, et une grosse somme, mais elle m'a libérée de l'asile. Et cette énorme somme d'argent était le prix de ma liberté.
GUENADY : Et maintenant cette avocate va vous aider à reprendre Elie?
SÉVERINE : Oui. Mais c'est si lent ! J'ai demandé au Consulat de Belgique à Nice d'intervenir pour accélérer les choses, mais ils disent qu'ils ne peuvent rien faire. Une fois qu'Elie sera libre, nous serons rapatriés en Belgique, mais ils disent qu'ils ne peuvent pas m'aider à le libérer de la justice de Nice. J'ai même parlé au Juge pour enfants en Belgique, et elle a dit la même chose. Le Juge français ne l'écoutera pas, donc cela ne vaut pas la peine d'essayer de lui parler pour rapprocher l'audience.
GUENADY : Pour quand la prochaine audience est elle prévue?
SÉVERINE : Pour le 15 juillet.
GUENADY : Mais c'est seulement dans quelques jours.
SÉVERINE : Mais réalisez vous? Je ne peux pas attendre si longtemps! Cela prend beaucoup trop de temps ! Je veux que mon bébé me soit rendu maintenant!
GUENADY : Si votre avocat dit que vous ne pouvez rien faire avant l'audience, alors je crains que vous ayez juste à être patiente.
SÉVERINE : C'est un cauchemar! Je veux qu'on me rende mon bébé! Pourquoi devrais-je attendre encore une semaine? Et puis même, qu'est ce que je fais si le Juge ne libère pas Elie? Comment cela peut arriver dans un pays qui est supposé être à l'origine de l'idée des Droits de l'Homme? Pourquoi MES droits sont ils niés ? Et avec des soi-disant justifications aussi fausses ?
GUENADY : Nous aimerions tous avoir les réponses à ces mêmes questions, Séverine!